
Sur les traces de Gauguin au Pouldu
On imagine souvent Paul Gauguin sous les cocotiers de Tahiti. Pourtant, avant les mers du Sud, c'est en Bretagne — et plus précisément ici, au Pouldu, sur la commune de Clohars-Carnoët — que le peintre a trouvé l'un de ses ateliers les plus féconds. Séjourner dans le village aujourd'hui, c'est marcher sur les traces d'une petite révolution artistique.
Pourquoi Gauguin est-il venu au Pouldu ?
À la fin des années 1880, Pont-Aven attire déjà trop de peintres au goût de Gauguin. Il cherche un coin plus sauvage, moins couru, où la lumière et les paysages restent bruts. Le Pouldu, alors simple hameau de pêcheurs blotti à l'embouchure de la Laïta, lui offre exactement cela : des plages immenses, des chemins creux, des fermes basses et une mer changeante.
En 1889 et 1890, Gauguin y revient à plusieurs reprises, souvent en compagnie de ses amis Paul Sérusier, Charles Filiger et du peintre hollandais Meyer de Haan. La petite bande s'installe à l'auberge de Marie Henry, surnommée « la Buvette de la Plage ».
La maison Marie Henry, atelier grandeur nature
L'auberge de Marie Henry devient bien plus qu'un simple gîte. Les peintres y décorent les murs, les portes, les vitres et même les plafonds — payant parfois leur pension en toiles. Cette « salle décorée » est restée célèbre dans l'histoire de l'art comme l'un des manifestes du mouvement de Pont-Aven et du synthétisme, cette manière nouvelle de peindre par aplats de couleurs cernés de lignes franches.
Aujourd'hui, la Maison-musée du Pouldu propose une reconstitution fidèle de cette buvette et plonge le visiteur dans l'ambiance de ces années bouillonnantes. C'est une visite courte mais marquante, idéale par temps de pluie comme entre deux baignades.
Notre itinéraire « Gauguin » à pied
Depuis la maison d'hôtes, vous êtes à quelques minutes des lieux qui ont inspiré ces toiles. Voici une boucle simple à faire dans la demi-journée :
- Commencez par la plage des Grands Sables, vaste étendue où la lumière du matin est superbe.
- Rejoignez la Maison-musée du Pouldu pour comprendre le contexte et reconnaître certains paysages.
- Poursuivez par le sentier côtier GR34, qui longe la côte vers l'estuaire de la Laïta : c'est le décor brut que cherchait Gauguin.
- Terminez face à la mer, à l'endroit où terre et sel se rencontrent — d'où la maison tient son nom.
Un angle encore confidentiel
Beaucoup de visiteurs anglophones et amateurs d'art ignorent que ce chapitre de la vie de Gauguin s'est joué ici, à Clohars-Carnoët, et non à Pont-Aven. C'est ce qui rend la découverte si agréable : on profite d'un patrimoine de premier plan, sans la foule.
Loger à deux pas de ces lieux, dans une longère bretonne entourée d'un jardin de palmiers, c'est s'offrir le luxe de prendre son temps : peindre, lire, marcher, et regarder la lumière changer sur la mer, exactement comme le faisaient les artistes il y a plus d'un siècle.
« J'aime la Bretagne : j'y trouve le sauvage, le primitif. » — Paul Gauguin
Envie de vivre cette parenthèse ? Le studio vous attend à quelques minutes du Pouldu et de ses plages.
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